dimanche 15 mai 2011

Vous êtes coupables


Sachez-le, vous êtes coupables, coupables de l’incapacité où vous êtes à ne savoir vivre d’un rien, coupables de vous insatisfaire d’un petit moi au moins, coupables de ne pouvoir vivre du reste pour en extraire le peu. 

Vous êtes coupables d’être faibles, coupables d’être ignorants, coupables de laissez prendre ce qui est à tous, coupables de ne découvrir que trop tard que l’air, l’eau, la terre n’offrent plus, ils ont été vendus.

Oui, sachez-le, vous n’êtes pas malades et si vous l’êtes, c’est que vous êtes coupables. Et l’on vous fera payer jusqu’au dernier denier de vous être laissés prendre, de n’avoir pas su vous entendre et d’avoir troqué les sans-voix contre des murs de conforts.

La fable, ne vous plait ? - “pour remonter le moral d’un malade, rire de son affection et nier ses souffrances” - disait Flaubert, un bel et bon bourgeois né propre et philosophe. Alors je raille, raillez, raillons, toutes ces mal-à-dix, ces petits bobos qui vous paraissent lourds et croyez moi : Vous n’êtes pas aveugles, sourds ou muets ou même handicapés. Non, tous vos sens sont là pour en témoigner et vous donner ce que vous avez à savoir. Non, vous n’êtes pas malades et comme vous n’êtes pas malades, vous êtes coupables, juste coupables. 

Vous êtes coupables et vous serez jugés, châtiés, expropriés. Mais ne craignez rien. Certes on vous prendra tout, … mais vous le verrez peu. Vous n’en souffrirez pas. On vous soignera. On vous préparera. Votre oubli sera doux, si vous savez tout accepter et surtout ce que l’on inflige à d’autres pour votre bien-être à vous. Plus vous saurez fermer les yeux, obéir et plier, plus vous saurez donner l’abandon au marché, plus vous serez récompensés par l’oubli de ce que vous êtes. Car tout au fond, vous êtes l’autre et l’autre qu’au loin vous laissez forcer à faire taire, c’est vous. 

Et quand enfin, vous serez simples, devenus bienheureux, nous vous ouvrirons le bon royaume des pieux, celui des grands cons forts et de ses vaines tables, la béate espérance d’un mol de douceur. 

Je vous le dis. Soyez en persuadés. Vous n’êtes pas malades, vous êtes coupables et comme vous êtes coupables, vous serez pardonnés, tout vous sera abandonné et c’est là, juste à ce moment là, que vous pourrez pleurer.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

ça fait peur et les innocents, ils prennent des vacances?