mercredi 30 juin 2010

Vois tes maux, ils s'enfuient

Un tout petit moment pour te dire mes hommages

Je n'ai eu de tes yeux qu'un souvenir sans fruit

Pour souffler sur ta vie, une oraison sans bruit

Une prière au temps, un temple sans image.

lundi 28 juin 2010

Ces hères est-ce ?

Quand je t'ai rencontré, tu étais encore un jeune CRS moulé dans son uniforme serré. D'une beauté à faire peur avec ton casque et puis ton bouclier. Tu m'as chargé très fort, dès notre première rencontre.
Et c'est là, dans ce choc salutaire que j'ai vraiment senti ta détresse ...

Ce masque sans visage, cette policitude-grise bleutée, cet oubli de soi dans la charge, c'était ta manière à toi de crier ta terreur.
Ces marques sur mon corps, cet acharnement sans faille à terrasser, ces grands coups de talon dans la taille, tout cela, c'étaient de grandes phrases pour m'encourager.

Couché sur le gravier, que tu m'avais fait embrasser pour être sûr que je ne puisse perdre aucun détail sur la façon de prendre ton pied, j'ai pris pitié. Oui, je le reconnais, j'ai pris pitié de ta douleur à t'exécuter dans cette tâche terrible et assommante qui est celle de dresser l'humain fragile et détestable que j'étais.

J'ai remué, je me suis débattu pour t'aider. Je t'ai même un peu craché dessus. Ce n'était qu'un peu d'eau dans tes yeux, mais cela t'a permis de continuer à frapper sans me voir, à l'aveugle. Grâce à cela, tu ne t'es même pas rendu compte que plus que dans mon sang, tu essayais de me noyer dans le désespoir de n'être que führer ...

Comme lui, tu voulais me sauver, arracher ma lumière à l'immonde. Détacher par lambeaux ce corps qui me retenait d'un monde où tu pensais me voir prisonnier. "Va t'en" me hurlais tu, "rentres dans ton pays, ici le paradis a un goût d'enfer". Oui, tu voulais me sauver et je ne comprenais pas. J'étais idiot, toi tu savais.

Tu étais l'instrument dans les mains du maitre invisible, du forgeron des âmes. Tes cris n'étaient pas les tiens, tu étais son esclave asservi, le jouet qu'il manipulait du haut de sa géniale folie. Il me forgeait et dans le même temps offrait ma souffrance à ton éducation.

Aujourd'hui, j'ai compris, je te regarde sans haine, sans rancune et même sans pitié. Je te regarde tel que j'étais il y a longtemps, quand je n'étais pas encore né.

Crédit photo : Daria Palotti - Muse : Moni Grego

dimanche 27 juin 2010

Au petit ange blond, ce bel et tendre ami

L'aube amène son teint et de son air si sage
Caresse ton visage au souvenir d'enfant
Un mouvement qui sourit et comme il se défend
D'un coup d'aile tu l'emmènes au fil de ton passage

vendredi 25 juin 2010

Re:quest for protect

Tu me dis que tu as besoin d'être défendu ?

Le besoin de protection de son intégrité physique est un besoin partagé par tous les êtres et je l'entends parfaitement.

Est-ce une raison pour sous-traiter sa défense à n'importe qui et à n'importe quel prix ?

Je veux dire, est-ce que la protection de sa propre vie vaut vraiment d'abandonner les principes sur lesquels nous la fondons ?

Je ne dis pas que tu le fais, mais que de nos jours et dans de nombreux pays aux monde, en Israël, en France, aux Etats Unis, etc, cette façon que nous avons de nous décharger complètement de ce qui relève de notre responsabilité individuelle pour la remettre entre les mains de "puissants" est mutilant et que cette mutilation progressive nous conduit à la dévalorisation puis à l'abandon de notre identité profonde.

Tu me demandes une solution. Bien.

Imaginons que tu ne te considères plus comme issu d'une communauté, d'un pays, d'une religion, d'une culture, que toutes ces considérations purement idéologiques disparaissent. Que voyons nous ?

Un territoire où des factions armées agissent parce qu'elles ne se reconnaissent pas l'une l'autre en tant qu'êtres dignes de vie et qui, au delà de leur propre manque de respect, étendent leur conflit aux civils qui ne partagent pas ce genre de considérations.

Tu vas me dire "c'est de la faute de X ou Y ..."

Est-ce que parce que ton adversaire s'en prend à des innocents, les violent, les torturent, les tuent, que tu dois toi-même accepter que tes défenseurs adoptent le même comportement ?

Si ton gouvernement se livre à de telles exactions et  que tu continues à le considérer comme ton gouvernement et ce même au prétexte de ta sécurité et de celle de ta famille

Si tu l'acceptes, alors tu deviens son semblable ...

Tu as parfaitement le droit de faire ce choix.

Mais saches que la mort est au rendez-vous que tu le soutiennes ou non. C'est juste que dans un cas précis, tu auras procédé à ta propre élimination.

Criminal elegance

mardi 22 juin 2010

Sexilarité de l'immonde - Sade is[n't] me



S'extraire de s'axer

À ces exquis abcès

De nourrir sans succès

Ex-hilares sans accès.


Source image : oomikami

mardi 15 juin 2010